Abonnement 2019

Sur Facebook, je me trouve avec un nombre certain de personnes « abonnées » (un peu moins de 15000 au moment où j’écris), c’est-à-dire de lecteurs qui s’intéressent à ce que j’écris sur tel ou tel sujet au point qu’ils demandent à recevoir chacune de mes publications, et, très délibérément, je ne me cantonne pas à un domaine, que ce soit la traduction, la Russie, la poésie, la vie de la société ou l’analyse des communautarismes qui montent dans le monde. Cet abonnement est une marque de confiance, à laquelle c’est peu dire que je suis sensible. (lire la suite…)

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Description

Sur Facebook, je me trouve avec un nombre certain de personnes « abonnées » (un peu moins de 15000 au moment où j’écris), c’est-à-dire de lecteurs qui s’intéressent à ce que j’écris sur tel ou tel sujet au point qu’ils demandent à recevoir chacune de mes publications, et, très délibérément, je ne me cantonne pas à un domaine, que ce soit la traduction, la Russie, la poésie, la vie de la société ou l’analyse des communautarismes qui montent dans le monde. Cet abonnement est une marque de confiance, à laquelle c’est peu dire que je suis sensible.

Sur cette première constatation est venue se greffer une deuxième, apparemment sans lien : face à l’agriculture intensive, qui n’a d’égard ni pour les sols, ni pour les producteurs, ni, souvent, pour les consommateurs, se sont formés ces derniers temps des circuits de proximité : des paysans proposent à leurs clients non pas tel ou tel produit mais ce qu’ils appellent un « panier », c’est-à-dire leur production au fil de la saison, sans que les clients puissent savoir d’avance ce qu’ils recevront telle semaine ou telle autre. La seule chose dont les clients soient sûrs, c’est la provenance de ces produits, et, la relation commerciale qui naît ainsi devient une relation de confiance, de découverte et de surprise qui prime. Et c’est un mode de fonctionnement totalement inversé, à poser contre le fonctionnement capitaliste institué : ce qui importe n’est pas d’ordre marchand et soumis à un désir supposé être premier, défini par avance et sachant à quel ordre obéir.

Dans la mesure où il s’agissait pour moi d’ouvrir un espace de partage, je me suis dit qu’il serait possible de demander aux lecteurs de s’abonner non pas à une revue, mais à une maison d’édition, et, selon le principe de l’abonnement au « panier paysan », de s’abonner en acceptant de ne pas savoir ce qu’ils recevraient tout au long de l’année, en sachant juste qu’ils sont prêts à découvrir des textes, voire des genres de littérature qu’ils ne connaissent pas, qui ne les intéressent pas a priori, ou qu’ils pensent ne pas aimer… Qu’ils veuillent bien découvrir avec nous.

Le problème est, bien sûr, que sur Facebook je ne demande à personne de s’abonner à ma page et que cet abonnement est gratuit, alors que, comme le paysan, l’éditeur est obligé de vendre le fruit de son travail.

Comment faire pour échapper au commerce du livre tout en faisant de l’édition le centre d’une activité d’auteur ?

Il va de soi que jamais je n’ai pensé gagner un centime en publiant les livres qui, pour moi, sont essentiels, mais il va de soi aussi que je n’ai jamais voulu faire de l’édition à compte d’auteur pour diffuser des livres voués à disparaître.

C’est sur cette base que j’ai imaginé de publier des livres, très soignés, numérotés et signés, publiés à 400 exemplaires et jamais plus, au prix, en 2019, de 18 €.

Ils seront en vente chez quelques libraires (dix-quinze à travers la France) et, à l’unité, sur le site des éditions Mesures.

Si vous les achetez à l’unité, vous payez des frais de port : nous ne sommes pas Amazon. Ces tarifs postaux sont redoutablement élevés et ne font qu’augmenter. Il existe, certes, un tarif particulier pour les livres, mais fort élevé aussi, et la Poste exclut tout système de suivi. Hélas, nous vivons dans le monde dans lequel nous vivons…

L’idée serait donc d’adresser cinq livres pour 100 € franco de port, avec dédicaces à la demande. Ce n’est pas grand-chose, cette dédicace, mais c’est essentiel : c’est le début d’une relation personnelle entre nous, les auteurs, et vous, les lecteurs. Parce que c’est ça qui compte pour nous : que nous puissions, réellement, — si vous le voulez, bien sûr — nous connaître, vous et nous. Que nous sachions que nos livres sont… en bonnes mains. Et puis nous essayons en ce moment d’imaginer une forme de cadeau supplémentaire, qui marquerait notre gratitude pour votre confiance. Peut-être le manuscrit d’un texte que vous aurez particulièrement apprécié, peut-être autre chose, nous verrons bien.

Les tarifs de la poste nous obligent à distinguer trois formes d’abonnements, et plusieurs formes d’envoi.

Pour nous, l’idéal serait de faire parvenir à nos abonnés un livre, en gros, tous les deux mois, selon le rythme des saisons (et qui, pour l’année 2019, correspond parfaitement aux livres que nous publions). Il y aura deux livres le mars- avril : Buée de Françoise Morvan et Le Dernier départ de Guennadi Aïgui ; ensuite, un autre livre en juin ; un autre en octobre et un dernier en décembre. Chaque livre demande son propre temps, sa propre attente. Et donc, nous pouvons envoyer livre à livre, ou, puisque tous les livres sont déjà imprimés, nous pouvons faire un envoi groupé.

Il y a l’abonnement pour la France, à 100 € (tout frais compris). Si vous habitez en France, vous recevrez les livres un à un.

Il y a l’abonnement pour les pays de l’Union européenne. Là, deux possibilités :

— soit nous vous envoyons tout d’un coup, — en automne, — et vous payez 110 €. Soit, nous vous envoyons au fur et à mesure, et là, à cause des frais de port, ça monte à 140 €.

Et puis, il y a l’abonnement pour le reste du monde. Et là, soit nous faisons, à l’automne, un envoi groupé, et l’abonnement vaut 125 €, soit nous vous envoyons les livres au fur et à mesure, et ça vous coûte 150 €.

Telle est la réalité postale de notre vie. — Ou alors, il y a une autre solution… Si vous êtes sûrs de venir en France au moins une fois par an, que vous habitiez au Québec ou, je ne sais pas, en Russie ou bien en Australie… vous nous prévenez personnellement, pour le prix d’un abonnement en France, et, d’une façon ou d’une autre, on vous donne tous les livres, en mains propres, nous-mêmes ou par des amis communs, pendant votre séjour chez nous. Au risque d’augmenter le poids de vos bagages d’environ 1, 5 kg.

J’ai essayé d’être aussi précis que possible sur la forme concrète de nos relations avec vous, sans l’être sur les livres… Puisque c’est ça, l’idée. Les livres, nous en parlerons au fur et à mesure.

André Markowicz