J’ai commencé à traduire Hamlet en 1994, sentant que cette traduction me permettait de réunir deux pans séparés de ma vie : l’amour de Shakespeare transmis par mon père et le travail sur sa métrique, si importante pour Pouchkine et toute la poésie russe.
Pour aucune autre de mes traductions je n’ai jugé nécessaire d’expliquer mes choix et de commenter la pièce que je traduisais, et pourtant, année après année, j’ai poursuivi une analyse de cet hymne au théâtre écrit et joué par le maître du théâtre occidental – un hymne au théâtre, un hymne aux acteurs, qui sont et ne sont pas, et qui, étant et n’étant pas, nous font être nous-mêmes.
Ce livre est donc double : d’abord, le texte entièrement renouvelé d’une traduction qui n’était plus disponible depuis plus de dix ans ; ensuite, un essai de lecture, puisque traduire est poursuivre une lecture que l’écriture ne fait qu’approfondir.
André Markowicz





