Armand Robin

  Armand Robin (1912-1961) s’est voulu sans existence, passant par les poésies du monde entier pour ne pas s’enfermer dans une œuvre personnelle. Il a traduit une centaine de poètes de plus de vingt langues, allant du russe au tchérémisse des prairies.

  Cette traduction de lui-même par autrui s’est un moment doublée d’un détournement de la critique pratiquée comme exercice poétique au point que plusieurs fragments d’articles ont été publiés comme poèmes d’Armand Robin.

  Pour la première fois, nous avons rassemblé critiques et traductions afin de témoigner de ce passage d’autre en autre et rendre sensible une expérience unique.

   Après la mort d’Armand Robin à l’infirmerie spéciale de la préfecture de police de la Seine, une partie des manuscrits laissés épars dans son appartement a été recueillie par des amis. Chargée d’archiver ces manuscrits, Françoise Morvan a découvert un recueil intitulé Fragments prolongeant l’expérience de la «  non-traduction » alors qu’Armand Robin n’avait pas trente ans.

  Fragments, articles et traductions forment un ensemble qui donne une image radicalement nouvelle du travail d’Armand Robin, explorant de jour les poésies et décryptant de nuit les propagandes du monde entier.